Chroniques d’un Ludovichien: Partie deux

Chroniques d’un Ludovichien!

Bonjour,

Le ludovichien que je suis, vous présente à nouveaux ses canins hommages!

Je dois avouer que je suis fier de représenter mes conchientoyens dans ce journal. Il est vrai que je ne lis pas beaucoup, mais j’aime les histoires, et surtout j’aime le son de la voix de ma maîtresse quand elle lit, je ne comprends pas tout mais quand elle s’installe avec les enfants pour leur raconter une histoire, je ne suis pas le dernier à venir m’asseoir à ses côtés et poser ma grosse tête sur ses genoux pour savourer la douceur de ses intonations.

J’envie les humains pour leur capacité à tirer de ces signes bizarres des supports à leur imagination; nous autres chiens, nous rêvons bien sûr, mais nous sommes stimulés par les odeurs, et les sons qui nous emportent dans de secrets voyages. Par chance, étant un ludovichien, je peux voyager sans sortir de mon île: il suffit que je passe devant chez Afiz, je salue mon copain Diego, je renifle un bon coup, et me voici sur les hauts plateaux afghans, puis je passe devant la petite boutique tibétaine, les drapeaux à prières me sont familiers, ils volent au gré du vent dans mon jardin. Je me suis toujours demandé pourquoi ces montagnards venus d’Orient avaient élu domicile sur mon île. Ont-ils aimé dès l’abord ce petit village peuplés d’humains accueillants, ont-ils trouvé là une paix et une douceur de vivre qui n’existaient plus dans leurs montagnes, ce sont des questions ardues pour le ludovichien que je suis. Et pourtant je sens que je ne suis pas loin de la vérité, les îles sont des points d’ancrage dans le grand océan de la vie, elles ont ce côté éphémère et pourtant solides, on y fait escale pour un moment, et on y reste toute sa vie.


Credit photo: Ralf.treinen

Si Robinson s’était échoué sur mon île, il ne serait jamais rentré chez lui, si Achab avait rencontré des ludoviciens, il serait devenu copain avec Moby Dick, si le Lieutenant Fletcher était tombé amoureux d’une ludovicienne, le Bounty serait rentré à bon port, si mon île avait le don de transformer les histoires, toute l’Histoire en eût été changée…

Scoop
Nathalie

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