Le dessinateur Wilhelm Schlote, Ludovicien d’adoption

Bien plus connu dans son pays d’origine, l’Allemagne, qu’en France, sa terre d’adoption, le dessinateur Wilhelm Schlote réside non loin de l’hôtel du Jeu de Paume. Rencontre avec cet artiste captivant, conteur des temps modernes…

portrait.gifQuels sont vos liens avec l’hôtel du Jeu de Paume ?
« Ma plus grande fan, c’est Nathalie ! On s’est rencontré grâce à Enzo, le deuxième chien de l’hôtel. Le Jeu de Paume est doté d’une atmosphère magique, il est à la fois luxueux et familial. C’est un endroit à part, préservé et caché du monde extérieur. »

Quelle est votre conception de l’art ?
« L’art doit être aussi bien pour les enfants que pour les parents. Si l’on parvient à séduire les enfants relativement vite, il ne faut pas pour autant négliger la qualité. »

Vos dessins sont naïfs. Pourquoi ce style ?
« Ils ne sont pas naïfs, je n’aime pas ce terme. Comme disait Picasso, pour retrouver le style d’un enfant, il faut détruire tout ce que l’on a pu apprendre. C’est un réel travail. Les enfants sont des artistes, des créateurs, ils savent dessiner. »

Parlez-nous de votre dernier ouvrage « Mon papy et ses crayons de couleur »
« J’en suis extrêmement fier, c’est mon préféré ! Tout simplement parce qu’il parle de ma vie. L’histoire est racontée à travers les yeux de Charlotte, une fillette de neuf ans, qui n’est autre que ma petite-fille ! Et puis, j’ai réussi à obtenir un subtil équilibre entre la force des images et des textes. Les deux sont complémentaires mais constituent des entités indépendantes. Mes dessins ont toujours raconté des histoires. »

Pourquoi publiez-vous vous-même vos ouvrages ?
« Si par le passé, j’ai été publié chez Gallimard ou Casterman, je refuse aujourd’hui la grande distribution et la pression qu’elle impose aux ouvrages de remporter immédiatement un succès. Après tout, les œuvres d’auteurs comme Proust ou Valéry mettaient près de dix ans à être reconnues ! Et puis, pour valoriser mon travail, j’imprime mes livres en petit nombre, 500 à 1500 exemplaires, ainsi ils acquièrent un caractère rare et précieux. »

À votre arrivée à Paris, en 1978, vous dessiniez des cartes postales…
« Oui, j’ai été le premier à réaliser des cartes postales humoristiques et j’ai connu un succès fou en Allemagne, en France, aux Etats-Unis et même en Asie ! J’ai préféré en arrêter la production pour conserver ma liberté et ne pas m’enfermer dans cet exercice. On a vite fait de se voir attribuer une étiquette, ce que je ne voulais pas ! »

Quels sont vos projets ? duo.gif
« Je viens de sortir un calendrier et je dessine actuellement des cartes postales pour l’île Saint-Louis à l’aquarelle et avec des crayons de couleur. Elles seront vendues par lot de 18 et tirées à 1500 exemplaires. J’élabore aussi une affiche pour fêter les 140 ans d’existence de la pharmacie de l’île. »

En savoir plus sur Wilhelm Schlote…
Sa ville natale
« Un minuscule village au centre de l’Allemagne »
Sa ville d’adoption
« Paris, depuis 1978 ! J’adore cette ville, elle symbolise le raffinement, l’art, la culture. »
Sa formation
« Études de littérature et de philosophie, mais aussi diplômé des Beaux-Arts. »
Son métier
« Professeur de philosophie, de littérature et de dessin. »
Son leitmotiv
« Éveiller les enfants, les aider à développer leur imaginaire »
Son mentor
« Leonard Lionni et notamment son premier ouvrage Petit bleu et petit jaune écrit pour ses petits-enfants. »
Son trait de caractère
« Libre, indépendant »
Un ouvrage atypique
« Hommage à la Merenda, du nom du célèbre restaurant à Nice. Tiré à 1000 exemplaires, il présente des dessins réalisés sur des nappes ou des serviettes en tissus, avec de l’huile, du vin rouge, du café, puis complété par des traits de stylo bic et de crayons de couleur. »
Son outil de travail
« Le crayon et les crayons de couleurs…
Son endroit préféré à Paris
« L’île Saint-Louis où je vis. À l’image de Paris, c’est un endroit cosmopolite qui regroupe diverses nationalités. Je l’adore au point de n’en sortir que rarement ! »

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    Ile Saint Louis